Dernière mise à jour : mardi, 15 avril 2009
 
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Cryptosporidium

Qu'est-ce que le Cryptosporidium?
Le Cryptosporidium est un protozoaire, ou parasite unicellulaire, qui peut vivre dans les intestins des personnes infectées et des animaux à sang chaud. Il infecte les humains, les animaux comme les bovins et moutons, et parfois les chiens, chats, rongeurs et oiseaux. Le Cryptosporidium, dont le nom vient du grec et signifie « spores cachées », ne peut croître qu'à l'intérieur d'un hôte vivant et ne peut pas se multiplier dans l'environnement. Contrairement à bien des bactéries, comme E. coli, qui meurt rapidement dans l'eau, les spores ou oocystes du Cryptosporidium peuvent survivre plusieurs mois dans l'eau.

Comment le Cryptosporidium pénètre-t-il dans l'eau?
Les eaux de surface peuvent être contaminées par les effluents des stations de traitement des eaux usées ou par les eaux de ruissellement agricoles et urbaines. Les espèces sauvages peuvent aussi être une source de kystes d’origine hydrique comme le Cryptosporidium.

En général, l'eau provenant de puits devrait être exempte de Cryptosporidium parce que le sol est censé filtrer le protozoaire avant qu'il n'atteigne les eaux souterraines. Des puits construits et entretenus dans les règles de l'art et ne recevant pas les eaux de surface devraient être relativement exempts d'oocystes.

Les procédés de désinfection et de filtration utilisés dans la majorité des stations de traitement des eaux de surface sont habituellement très efficaces pour éliminer le Cryptosporidium. La plupart du temps, les poussées de cryptosporidiose sont imputables à des défectuosités des stations de traitement ou à des changements rapides dans la qualité des eaux brutes. Malheureusement, lorsque se produisent ces changements rapides, la désinfection à elle seule n'est pas très efficace parce que les oocystes résistent très bien à la plupart des produits désinfectants comme le chlore. La désinfection aux ultraviolets est efficace contre le Cryptosporidium à la condition que l’eau soit propre.

De quelle façon le Cryptosporidium nuit-il à la santé humaine?
Les symptômes de la cryptosporidiose sont la diarrhée avec selles aqueuses, les crampes abdominales, la perte d’appétit et les vomissements. Ils apparaissent généralement entre 2 et 25 jours après l’infection et durent habituellement de une à deux semaines chez les personnes en santé.

Chez les personnes en santé, les mécanismes de défense naturelle de l'organisme peuvent venir à bout de la maladie. Toutefois, un traitement peut s’imposer dans certains cas.

Les parasites, et en particulier le Cryptosporidium, peuvent représenter une menace plus grave pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli, notamment celles atteintes du VIH/SIDA ou du cancer, ou pour les greffés qui prennent des médicaments. Chez ces personnes, les symptômes peuvent s’avérer létaux et les conditions peuvent devenir chroniques.

De quelle façon le Cryptosporidium nuit-il au milieu aquatique?
Même s'il est peu probable que le Cryptosporidium ait des effets majeurs sur les organismes aquatiques, nos connaissances sont très limitées dans ce domaine et il n'existe aucune recommandation en vue de la protection de la vie aquatique. Toutefois, les pathogènes en général suscitent de plus en plus de craintes. Par exemple, les poussées de botulisme causées par Clostridium botulinum, autre pathogène d’origine hydrique, ont entraîné la mort de nombreux oiseaux aquatiques au Canada. On note également la présence de nouveaux pathogènes fongiques et viraux qui contribuent à des diminutions importantes des populations d'amphibiens partout dans le monde. S'ajoutent à cela les fermetures de plages, les interdictions de pêcher les mollusques et la contamination d'eaux d'irrigation servant à des cultures vivrières et à la production d'aliments du bétail.

Quelles sont les recommandations concernant le Cryptosporidium?
Le Comité fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable a élaboré une recommandation pour la qualité de l’eau potable au Canada relative au Cryptosporidium. Toutefois, aucune concentration maximale acceptable n’a été fixée, car les méthodes de détection ne sont pas très fiables. Cependant, la recommandation encourage les exploitants de stations de traitement à adopter des mesures en vue de réduire le plus possible les risques de maladie. Ces mesures s’appliquent aussi bien à la protection des réserves d’eau qu’à la modification du traitement et de la distribution de l’eau.

Comment chacun peut-il faire sa part?
Pour éviter la contamination de l'eau par des pathogènes (tel Cryptosporidium) et ses effets, on peut :

  • lorsqu’on est à l’extérieur, présumer que l’eau de surface est contaminée et la faire bouillir pendant 1 minute avant de la boire, de l’utiliser pour cuire des aliments ou de se brosser les dents;
  • éviter de boire l’eau que l’on prélève directement des cours d’eau et des lacs ou dont on ne sait pas si elle a subi un traitement adéquat;
  • éviter de se baigner dans des eaux destinées à des activités récréatives (piscines, bains tourbillons, lacs, cours d’eau, océan, etc.) si l'on a la diarrhée et pendant au moins 2 semaines après l'arrêt de la diarrhée;
  • ramasser les excréments d'animaux de compagnie et les éliminer de façon hygiénique;
  • n'apporter que de petites quantités d'aliments à la plage pour ne pas attirer les animaux et les oiseaux, qui laissent des excréments; éviter de nourrir les animaux ou les oiseaux et bien fermer les poubelles;
  • s'assurer que les fosses septiques fonctionnement correctement;
  • adopter des pratiques écologiques de navigation de plaisance et éliminer de façon appropriée les matières de vidange;
  • encourager l'épuration adéquate des eaux usées dans sa municipalité et par les industries locales;
  • assurer l'entretien approprié du bétail et adopter des pratiques de gestion optimales, soit en réservant par exemple une zone tampon entre le bétail et le cours d'eau.



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